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Gestion des emballages ménagers triés par les ardennais suite à l’incendie du centre de tri

Rappel des faits

Un incendie s’est déclaré dans la nuit du 21 au 22 juillet 2022 sur le centre de tri des emballages ménagers de VALODEA, situé dans la zone industrielle de Mohon à Charleville-Mézières, qui traite l’ensemble des collectes sélectives du département des Ardennes.

Bien qu’une soixantaine de pompiers soit intervenue, la quasi-totalité de la chaine de tri et les différents outils qui la compose (tapis convoyeurs, tris optiques, cabine de tri manuelle, trommel…) a été détruite.

Quid des emballages des collectes sélectives ardennaises ?

Tout d’abord, les collectes sélectives sont maintenues sur l’ensemble du territoire, elles ont été, dans un premier temps, transférées vers les quais de transfert et le site d’enfouissement d’Eteignières afin d’être stockées en attendant de trouver et surtout d’organiser leur transfert vers des unités de valorisation. Il est question de stocker et de trier plus de 350 tonnes de déchets chaque semaine soit l’équivalent de 90 bennes de collecte sélective par semaine.

Dévier les collectes et stocker les emballages triés

Le stockage des emballages ménagers est très réglementé et il faut trouver une surface assez grande pour accueillir autant de déchets, sécuriser les apports, assurer les risques que leur stockage représente et également pouvoir organiser la traçabilité des apports (identification des tournées, pesés des camions de collecte …). Or, il y a très peu de sites réunissant tous ces critères sur le territoire.

C’est pourquoi, depuis décembre 2022, après le diagnostic post incendie des bâtiments du centre de tri et la création de zones de stockage sécurisées temporaires, nous avons mis en place une plateforme de stockage de la collecte sélective en lieu et place du centre de tri. Cela nous permet, en plus du stockage effectué sur Eteignières et Sedan, d’optimiser les collectes effectuées sur le bassin de population.

Nous nous appuyons également sur 3 autres sites, les quais de transfert de Damouzy, Sorbon et Revin afin de massifier les apports et permettre aux camions des collectivités qui organisent les collectes sélectives, de vider leurs tournées au plus proche des secteurs collectés avant un transfert et/ou un transport vers les exutoires.

Par chance, des investissements ont été réalisés ces dernières années sur les quais de transfert de Damouzy, Sedan et Sorbon. Ils sont donc de précieux atouts dans de telles circonstances. En effet, grâce aux bennes à Fond Mouvant Alternatif mises en place, nous optimisons le transfert et le transport au maximum puisque dans une seule de ces bennes, nous pouvons charger l’équivalent de 2 à 3 bennes de collectes sélectives.

La valorisation des nos emballages triés

En pleine période estivale lors de l’incendie, la production d’emballages était certes plus faible mais les moyens humains des centres de tri voisins aussi. Cela a forcément compliqué le transfert de nos tonnages vers d’autres unités de valorisation. Cependant, trois centres de tri ont eu la possibilité d’accueillir progressivement nos tonnages de collecte sélective et nous ont ainsi permis de valoriser 80 % des emballages triés par les ardennais après l’incendie. Ainsi, ces emballages ont été répartis en vue d’une valorisation, entre le centre de tri TRIVALFER situé à Reims, le centre de tri du SYVALOM situé à Châlons en Champagne et également le centre de tri de Limeil Brévannes situé dans le Val-de-Marne. Malgré la réactivité des équipes techniques pour réorganiser les collectes et trouver de nouveaux centres de tri en capacité de trier nos emballages, nous n’avons hélas pas eu d’autre choix que d’enfouir une partie de la collecte sélective de l’été 2022 le temps d’organiser ces transferts/transports (moins de 10 % de l’ensemble de la collecte sélective annuelle).

Si des solutions s’offraient à nous fin 2022, nous savions que les solutions trouvées n’étaient que temporaires et que le début de l’année 2023 serait bien plus compliqué.

En effet, le contexte actuel des capacités de tri en France est tendu puisque l’extension des consignes de tri, que nous avons mis en place il y a maintenant plus de 6 ans dans les Ardennes, doit se généraliser sur toute la France. Nous ne cessions de le répéter mais le département était pionnier en la matière. Malheureusement, la plupart des territoires alentours viennent seulement de démarrer leurs projets d’extension des consignes de tri qui nécessitent des travaux et l’adaptation de l’exploitation de leurs centres de tri aux nouvelles consignes. Cette situation accentue implicitement la saturation des autres centres de tri alentours qui sont donc sollicités pour trier la collecte sélective de ces secteurs durant leurs travaux et leur mise en service.

Nous avons également pris contact avec des centres de tri situés au-delà des départements limitrophes au nôtre. Malheureusement, par un mauvais concours de circonstances, nous avons appris que nous n’étions pas le seul centre de tri du nord de la France à avoir subi un incendie et à avoir besoin de transférer nos collectes vers d’autres unités de tri. En effet, le centre de tri de Nanterre (50 000 tonnes) a subi lui aussi, quelques semaines après le nôtre, un important incendie. Les centres de tri situés en région parisienne sont donc sollicités pour trier une partie des tonnages du secteur de Nanterre, ce qui restreint un peu plus encore les possibilités pour nous, de leur transférer nos tonnages.

Nous nous sommes également rapprochés de la Belgique mais les usagers belges ont des collectes séparatives différentes et bien plus nombreuses que les nôtres. Ainsi, les centres de tri belges acceptent uniquement les emballages creux (flaconnages, briques alimentaires, canettes). Il ne nous est donc pas possible d’y expédier nos collectes d’emballages multimatériaux (en mélange).

Pour synthétiser, entre les sites fermés pour cause de travaux et les transferts des collectes sélectives de ces secteurs vers d’autres centres de tri puis l’incendie du site de Nanterre, qui cherche également à faire trier ses emballages en attendant la reprise de leur activité, nous sommes face un constat :  les centres de tri situés dans un rayon de 350 km autour de Charleville-Mézières sont actuellement saturés.

Si la situation n’est pas totalement figée puisqu’elle va évoluer dans le courant de l’année en fonction de l’avancement des travaux des différents sites et des transferts associés, nous n’aurons hélas pas la possibilité de valoriser l’intégralité de nos quantités d’emballages triés en ce début d’année.

Nous mettons tout en œuvre pour trouver des solutions et sollicitons les centres de tri toutes les semaines, même si les volumes acceptés par ceux-ci peuvent paraitre faibles. Nous étudions également des solutions de valorisation en contactant des centres de tri situés au-delà du rayon des 350 Km autour de Charleville-Mézières mais l’impact logistique et financier nous freine grandement.

En effet, au-delà des 350 Km à parcourir pour valoriser les emballages triés par les ardennais, un camion ne pourra faire qu’un seul aller-retour par jour et la flotte de camions disponible n’est pas illimitée. De plus, nous estimons que le coût de traitement global des emballages transférés et triés dans d’autres centres de tri devrait être impacté à hauteur d’environ 10% supplémentaires par rapport au coût du traitement 2022 avant incendie (hors inflation et révision des prix). Il est donc indispensable de veiller à limiter et à optimiser le coût lié au transport qui va venir s’ajouter aux coûts de traitement et de collecte habituels et qui, au-delà des 350 Km parcourus, pourraient être à minima multipliés par 5.

Rappelons que la collecte sélective n’est qu’une des composantes du coût global de la gestion des déchets auquel vient s’ajouter la gestion des autres flux (ordures ménagères, collecte du verre, déchets des déchèteries etc…) donc si cette augmentation parait conséquente sortie de ce contexte, elle ne va pas multiplier par 5 le coût global de la gestion des déchets, mais simplement les coûts liés au transport des emballages ménagers impactés par l’incendie de notre outil.

Que va devenir le centre de tri ?

Tout d’abord, il nous faut attendre la fin des investigations menées par les experts de notre assurance.

Ensuite, nous pourrons procéder à la dépollution du site et au démantèlement intégral de la chaine de tri puis du bâtiment, en fonction, pour ce dernier, des zones plus ou moins touchées par l’incendie.

En parallèle, une réflexion est actuellement menée sur les choix de reconstructions qui s’offrent à nous afin de permettre au département des Ardennes de trier l’ensemble des emballages ménagers qu’il produit et pouvoir aider, le cas échéant, les territoires voisins en cas de travaux et/ou d’incidents techniques impliquant des arrêts de chaine de longue durée, comme nous le faisions notamment pour le département de l’Aisne, avant l’incendie.

Dans tous les cas de figures, ce genre de construction prendra en moyenne au moins 2 ans durant lesquels nous devrons trouver d’autres solutions pour trier nos emballages ménagers.

Quels messages faire passer aux usagers ?

Continuons à bien trier nos emballages, les collectes sélectives restent inchangées et nos équipes font le maximum pour trouver des solutions afin que les emballages triés par les usagers soient valorisés.

Il s’agit de conserver nos bonnes habitudes et peut-être d’en adopter de nouvelles en étant plus attentif à la quantité d’emballages que nous produisons.

En effet, des petits gestes simples mais à la portée de tout le monde nous aideraient grandement dans les circonstances actuelles :

  • Déposer en déchèteries nos cartons bruns d’emballages même ceux qui peuvent passer dans les bacs de tri (boites à chaussures, emballages d’électroménagers, de meubles, de jeux et de jouets). Les bennes de cartons des déchèteries sont directement expédiées chez les recycleurs.
  • Privilégier les emballages en verre qui sont collectés dans les conteneurs à verre du territoire et directement envoyé au recycleur. (Ex : conserves en verre pour les légumes, pots en verre pour les yaourts…).
  • Opter pour les gros conditionnements pour les denrées non périssables. (Ex : préférer un bidon d’eau de 8L plutôt que d’acheter un pack de 6 bouteilles d’1,5 litres, utiliser une gourde plutôt que des petites bouteilles pour les sorties, réunions, pique-niques ou décider tout simplement de boire l’eau du robinet).
  • Choisir d’acheter la charcuterie, la viande, le poisson, le fromage, les légumes etc … en vrac ou à la coupe plutôt que dans des barquettes, des boites ou des sachets. Parfois les prix sont similaires aux produits mis en barquettes/sachets par les enseignes.Aller chez les commerçants avec nos propres contenants (propres et tarés) afin de limiter l’usage des sacs, ou des sachets.
  • Faire soi-même certains produits comme la lessive, le produit vaisselle ou les pastilles de lave-vaisselle et certaines recettes de cuisine plutôt que d’acheter des plats préparés souvent générateurs de déchets (sandwichs, soupes, poêlées de légumes…).
  • Coller un stop pub sur sa boite aux lettres pour refuser la publicité non adressée. De nos jours, les enseignes mettent à disposition de leurs clients, sur internet, leurs promotions via différents canaux de diffusion : applications spécialisées pour feuilleter en ligne les catalogues promotionnels, rubriques et bandeaux d’information sur les sites internet des enseignes et des partenaires, posts des promotions en cours sur les réseaux sociaux etc…)

Cet incendie nous met dans une situation très complexe et intervient dans un contexte extrêmement tendu que nous ne maîtrisons pas mais il serait bien trop facile de baisser les bras et de céder à la facilité alors que notre territoire était en avance et performant !

Soyons compréhensifs, patients et solidaires, tous les gestes comptent pour réduire la quantité de déchets produite et ils sont encore plus importants dans le contexte actuel car le meilleur déchet est celui qui n’est pas produit, qu’il soit recyclable ou non.

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